Le crépuscule filtre à travers les stores, découpant des lignes d’ombre et de lumière sur le parquet. Niquette se tient près de la fenêtre, le regard perdu au-dehors. Éloi l’observe depuis le fauteuil, un carnet fermé sur les genoux.
Éloi
Tu veux partir ? Je ne te demande pas de rester. Je constate simplement le mouvement.
Niquette
Tu fais encore cela. Tu transformes mon silence en une sorte de théorème.
Éloi
Ce n’est pas un théorème. C’est une certitude. Tu as le droit de franchir cette porte, de rire de ce que nous sommes, ou de ne plus jamais prononcer un mot. Je n’exige rien. Aucune preuve de ce que tu ressens, aucune promesse pour l’hiver prochain. Tu ne me dois rien, Niquette.
Niquette
Et tu penses que cela me rend libre ? Que c’est un cadeau que tu me fais ? Non, tu m’emmures. En répétant que je ne te dois rien, tu t’assures surtout que toi, tu n’as rien à me donner. Si tu n’exiges jamais rien, je finirai par oublier pourquoi je reviens.
Niquette s’approche de la porte d’entrée et pose la main sur la poignée de cuivre.
Elle s’arrête, la main toujours posée sur la poignée.
Éloi ne bouge pas.